Le ton dit « de St Barnabé « 

 

Le ton dit « de St Barnabé  »  

Le galoubet  St Barnabé a pour tonique (début de la gamme majeure, tous trous bouchés) une note qui se situerait quelque part entre le sol dièse et le la, hélas sans définition plus précise. Cet instrument sonne donc environ  ¾ de tons en dessous de la note écrite (si on utilise le système « transpositeur » avec 2 bémols à la clé).  

On pourrait considérer qu’il est accordé sur un diapason de musique ancienne, un peu comme le la 415 cher aux baroquistes, mais ce n’est pas le cas. Un diapason différent du  la normalisé  doit au moins être défini précisément pour correspondre à une réalité acoustique.  

Pour tenter de mettre fin à la polémique qui existe au sujet de cet instrument, j’ai demandé à quelques tambourinaires de se mettre d’accord entre eux  pour définir un diapason « étalon » qui correspondrait à la majorité des instruments « St Barnabé » existant, démarche apparemment trop complexe.  

La seule définition  prétendue rigoureuse  du St Barnabé serait la longueur de la colonne d’air, ce système existe par exemple pour les cornemuses du Centre dont la tonalité est définie par la longueur (en pouces) du chanteur.  

Mais le galoubet obéit à des règles acoustiques autrement complexes, une variation de diamètre de quelques centièmes de millimètre,  une infime modification des côtes du bec peuvent faire basculer les notes obtenues de plusieurs comma. 

 

A force de copier des instruments en essayant de reproduire les dimensions, sans diapason de référence, on arrive a une grande diversité de tonalités proches, mais assez décalées pour donner l’impression de justesse approximative.

Il y a donc hélas des différences sensibles entre les St Barnabé existants. 

Du point de vue acoustique, on ne peut reproduire une approximation et la définir comme un standard.  

Alors, Instrument traditionnel pur et dur, ou erreur historique ?
Il me semble que le « vrai galoubet du folklore »  (le ton dérisoire n’engage que moi) est en fait une erreur historique:  D’illustres facteurs d’instruments ont copié des modèles anciens dans le but très honorable de sauver de l’oubli notre merveilleux galoubet. Ceci se passait à une époque où l’accordeur électronique était de la science fiction; où les tambourinaires d’un même terroir jouaient exclusivement entre eux, les mêmes instruments du même facteur. Le problème du diapason international des années 2000 ne se posait pas.  

Nos oreilles sont au 21ème siècle, la musique traditionnelle (folklorique ?) ne s’est jamais si bien portée, le galoubet aussi.  

J’ai donc décidé de ne jamais proposer de modèle dits « St Barnabé ».

Je déconseille fortement aux débutants de rechercher ce type d’instrument, puisque son usage tend de toutes façons à disparaître au profit des diapasons normalisés.

 

 

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