Pourquoi une écriture transposée pour Le galoubet ?

Pourquoi une écriture transposée pour Le galoubet ?

 

Sujet de polémique envahissante chez les tambourinaires et de céphalées chez les autres musiciens.

surtout s’ils jouent aussi de la guitare

Il était d’usage, jusqu’au début du 20 ème siècle, d’utiliser l’armure à la clé de la tonalité de Si bémol pour l’écriture instrumentale de certains instruments à vent, quelle que soit leur tonalité acoustique réelle.

Les théories modernes de la musique en parlent encore: l’instrument est dit « transpositeur » dans le cas où il n’est pas en si bémol… définition curieuse car c’est le cerveau de l’instrumentiste qui transpose.

Les partisans de cette écriture argumentent que : Ce qui est écrit correspond à un doigté, c’est donc pratique … Mais alors pourquoi utiliser les codes du solfège ?  On nous assène doctement en cours de solfège qu’un degré n’est pas un intervalle, la règles des tonalités (armures) … Et là on nous impose d’utiliser la partition comme une tablature.

OK, admettons que pour un clarinettiste qui a affaire à des doigtés complexes  « un dessin => un doigté » … Cette tricherie « partition = tablature » peut apparaître pratique.

Mais pour un galoubet qui a trois trous, Oula !!! L’écriture ne sert qu’à mémoriser une mélodie généralement diatonique, que l’on jouera de toutes façons d’oreille,

En musique trad, ancienne … le système transpositeur constitue une gène pour la grande majorité.  il faut malheureusement écrire des partitions différentes pour le galoubet et les autres instruments ???  Exercice complexe dont l’intérêt n’est défendable qu’au nom d’une tradition* .

Je n’ai à ce jour entendu aucun argument cohérent défendant le bien fondé du système transpositeur. Quelques vagues références historico-solfégiques expliquent-elles son maintien ??? Alors que la tendance générale est d’abandonner l’écriture transposée pour les vents.

Surtout pour les débutants…

Le galoubet est-il tellement facile à jouer; qu’il faille rajouter quelques faux problèmes d’écriture?… A mon sens ceci constitue un danger pédagogique.

Entendre un la ou un sol en lisant si bémol ne favorise pas l’acquisition de l’oreille absolue**… et favorise certainement la méfiance du solfège et son rejet… Ou constitue au moins une perte de temps en compliquant inutilement les notions d’écriture.

Dans le cas du galoubet, on écrit toujours en si-bémol … pour un instrument qui existe pratiquement dans tous les tons !

Et chose curieuse, on utilise l’écriture « en hauteur réelle » pour le flûtet baroque si proche du galoubet moderne.

J’espère vraiment que notre instrument favori jouera bientôt la même note que celle écrite pour tous les autres instruments et entendue par toutes les oreilles.

Je salue ici celle et ceux qui commencent à publier des méthodes, du répertoire, « en hauteur réelle » ou qui proposent les deux versions : Transposé – Réel afin que ceux qui ont « appris comme ça » y trouvent leur compte, mais aussi TOUS les autres musiciens.

* Tradition, traditionnel …. Je déteste ces mots. Trop souvent utilisés pour clore péremptoirement les débats …. Éviter les remises en question de certaines pratiques, fussent-elles barbares.

**L’oreille absolue deviendrait une gène pour certains ? Bah … Un musicien militaire m’a même prétendu qu’on l’avait en naissant ou pas du tout.

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