La classification des galoubets par tonalités…Subtiles :-) différences de désignations, mais on s’y retrouve.

Mais au fait; Pourquoi donc appelle t-on « galoubet en si » le galoubet en la/mi ? En rajoutant parfois « naturel » par opposition au si bémol auquel on devrait pourtant faire référence dans le système transposé…
Encore faut-il faire la différence entre « si St Barnabé » et « si 440 » … Le ton de St Barnabé sent bon la lavande et l’ébène du terroir mais reste acoustiquement aléatoire . Le « si 440 » semble bien être un la. La fréquence du la normalisé mondial est 440 Hz. Celle du si est de 466,16 Hz (Bb3) ou de 493.88 Hz ( B3) Mise au point d’un acousticien pour lequel la rigueur scientifique est la seule façon de réaliser en pratique des instruments utilisables.

Non ? … Si, si… ce « si »- là ! (mais pas ce « la »- ci, bien entendu, logique …) Mal à la tête ? Mais non, c’est logique: Voici l’explication de l’erreur historique qui a généré l’usage du « ton traditionnel  » :

En examinant par exemple une bombarde du 19 ème ou un fifre « Napoléonien » on constate que ces instruments sonnent « bas » par rapport au diapason actuel. On utilisait couramment un diapason La= 418 à 428; Ce qui par rapport à notre échelle actuelle sonne environ 1/3 à 1/2 ton plus bas, ( notre sol# actuel est à 415,30 Hz) Donc un instrument en Si (bémol bien entendu) donnait à peu prés notre la actuel.

Évidement, la notion de fréquence n’était pas vraiment définie mathématiquement, on manque de repères stricts.

Gageons que les premiers acteurs de notre actuelle renaissance, éminents félibres, ont copié des instruments diapasonés « un peu bas »et ont gardé l’écriture avec deux bémols à la clé … Donc en Si. Le terme Si désignait bien entendu Si « bémol  » et en aucun cas « si naturel » d’après les ouvrages de théorie existants, Dixit le système Allemand (référence obligée en notation musicale) où la lettre B désigne le si bémol (A=la ; B=si bémol ; H=si « naturel  » ; C=ut et ainsi de suite …le si « naturel » l’étant si peu que sa lettre le distingue des autres notes) La gamme de si (naturel) existe mais son armure compliquée rend son utilisation rarissime.
Quand un musicien jouait en « si » -au 19ème siècle comme plus récemment- c’était évidemment si bémol qu’il fallait entendre et noter

Pourquoi conserver actuellement ce système ? … Pire encore, l’extrapoler !? Le galoubet dit en la sonne en sol/ré, le galoubet dit en ut sonne en si bémol/fa… etc… J’ai entendu dire que la note tonale du galoubet s’entendait en fait 1er trou ouvert en première harmonique impaire. Cela n’a aucun sens que ce soit en solfège ou en théorie musicale. Si c’était le cas, la note désignant la tonalité de l’instrument serait la tonique d’une gamme mineure. Ce qui constituerai une exception bizarre aux définitions couramment admises en organologie … oui, il existe bien quelques instruments en mode mineur, mais pas le galoubet.

Si l’on prend un galoubet dit « en la » on obtient les notes Do, re, mi, fa#, sol, la, si do … etc ou encore des suites type ré,mi, fa#, sol, le, si, do# … soient un dièze à la clé (tonalité de sol) ou deux (tonalité de ré) Si vous voulez jouer en la avec un tel galoubet, il faudra rajouter le sol# comme une altération.

Même sans parler solfège, si un tambourinaire prend un galoubet « en la  » et joue dessus les Cordelles ou Magali, le guitariste à côté fera bien des suites d’accords type sol/do/ré ou ré/sol/la … on est donc bien en sol ou en ré, c’est factuel.

Il s’agit bien d’un artifice intellectuel pour expliquer une approximation vaseuse devenue « tradition* ». Du reste, cette appellation de l’instrument en ton transposé appelé pompeusement « ton traditionnel* » ou « ton en doigté traditionnel* »n’est utilisée que par les tambourinaires issus de la FFM, du folklore, de l’académie … bref, qui appartiennent à une obédience culturelle précise. A ma connaissance, tous les autres abandonnent le système. Je n’irai pas jusqu’à reprendre les propos narquois de certains de mes collègues … A savoir que cette complication artificielle participerait (?) à distinguer ceux qui l’utilisent… (Rhôôô, Qui a dit ça ????…Personne ? Ha, bon.) En tant que facteur d’instruments, je suis obligé d’être tonalement bilingue, parler du galoubet en « si provençal » ou « la acoustique » pour désigner le même instrument… c’est fatigant pour les neurones…
Ha, et bien sur je suis quelquefois obligé d’expliquer à des musiciens que le galoubet en sol s’appelle en fait galoubet en la mais qu’on l’écrit en si bémol, parce que c’est un instrument transpositeur qui transpose-encore-plus-compliqué..  » Pardon ? vous pouvez recommencer plus lentement s’il vous plaît ?… » me disait un client flûtiste.
Ces particularités d’appellation et d’écriture sont déstabilisantes, même agaçantes pour mes clients d’origines et de cultures diverses, mais tous musiciens ou motivés pour le devenir.

Anecdote amusante : Le règlement « EXAMEN FEDERAL DE TAMBOURINAIRE » précise dans son article 10, je cite :  « Le galoubet utilisé sera obligatoirement en « Si » et conforme à la tradition » ..Tiens, Curieux ? Pourquoi ces guillemets ? Cela voudrait-il dire que même chez les ultra-conservateurs du folklore en costume, :-( on aurait un doute sur la tonalité ?


* Tradition, traditionnel …. Je déteste ces mots. Trop souvent utilisés pour clore péremptoirement les débats …. Éviter les remises en question de certaines pratiques, fussent-elles barbares.

 

Fin du billet d’humeur :-) Même si la langue véhiculaire ( le solfège ) est seule rigoureuse, les langues vernaculaires ont néanmoins la vie dure au sein des vielles tribus …

Alors, puisqu’il faut un lexique …
Pour s’y retrouver, voici un tableau de correspondances :
Colonne de gauche : le ton transposé … Ha oui, je l’ai appelé « ton tribal » pour faire un clin d’œil à Eric Iglesias (vilain :-) partisan de la transposition…) qui parle justement de la « tribu des tambourinaires »

Colonne du milieu : les gammes diatoniques émises naturellement par le galoubet, ce que l’on entend … la tonalité réelle.

Colonne de droite : la longueur vibrante (à 3 mm prés suivant les factures) qui permettra aux néophytes, possédant un galoubet, de savoir dans quel ton il est.

 

 

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